IL NE LUI SERA DONNÉ D’AUTRE SIGNE QUE CELUI DE JONAS

Les pharisiens ont montré leur hypocrisie en exigeant de Jésus un signe comme preuve de son identité divine. De toute évidence, ils ne cherchaient pas à le connaître. Ils avaient déjà vu tant de merveilles s’accomplir sous leurs yeux attestant que Jésus était le Messie. Un miracle de plus ne changerait rien à leur perception puisque qu’ils avaient déjà pris la décision de ne pas le croire. Connaissant leurs pensées, Jésus refusa de leur accorder le signe demandé. Il leur dit que le seul signe qu’ils verraient serait celui du prophète Jonas. Nous étudierons dans cette leçon la signification du signe de Jonas. Lisons le passage qui en fait mention. Matthieu 12.38-42.

 

Matthieu 12.38. Alors quelques–uns des scribes et des pharisiens lui répondirent, disant, Maître, nous désirons voir un signe de ta part.

39 Mais lui, répondant, leur dit, Une génération méchante et adultère recherche un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas le prophète.

40 Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

41 Des hommes de Ninive se lèveront au jugement avec cette génération et la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas.

42 Une reine du midi se lèvera au jugement avec cette génération et la condamnera, car elle vint des bouts de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon.

 

Un signe

 

Il y a deux mots dans ce texte que nous devons définir rigoureusement. Le premier est le mot ‘signe’. Lorsque les pharisiens demandèrent un signe, il faut comprendre qu’ils voulaient un signe miraculeux, un quelconque miracle qui serait la confirmation éclatante du rôle messianique de Jésus. D’ailleurs, le terme ‘signe’, semeion, est régulièrement traduit par le mot ‘miracle’ dans le NT. Un signe peut certainement se présenter comme un miracle. Ajoutons cependant que ce même mot est utilisé dans la Bible pour désigner un événement qui n’est pas nécessairement le résultat d’un miracle. En d’autres occasions, on constate même qu’il peut s’agir d’un fait purement naturel.

 

Le mot grec semeion, le signe que les pharisiens ont demandé à voir, se retrouve également dans l’expression ‘le signe de Jonas.’ Il s’agit exactement du même mot. Mais soulignons cette nuance. Dans le signe de Jonas, l’accent n’est pas mis sur la nature miraculeuse du signe mais plutôt sur le fait qu’il peut être observé. Dans le vocabulaire biblique, un signe fait référence à quelque chose que nous pouvons percevoir avec nos yeux et qui a pour fonction de communiquer un message. Par exemple en Luc 2.12, dans l’histoire entourant la nativité, un ange dit aux bergers, Et ceci sera pour vous un signe. Le signe n’était pas en soi un miracle. Le signe sera tout simplement un bébé enveloppé d’une couverture et couché dans une mangeoire. Quand les bergers apercevront ce signe, ils sauront qu’ils ont vu le Messie. Le mot ‘signe’ est utilisé dans un sombre contexte en Matthieu 26.48 où Judas avait dit à la foule qui l’accompagnait, ‘Je vais vous donner un signe. Celui que j’embrasserai, c’est l’homme que vous voulez. Vous pourrez alors l’arrêter.’ Judas n’a pas déclaré qu’en donnant un signe, il allait accomplir un miracle. Il a tout simplement indiqué qu’il allait faire un geste que tous pourront voir. Et le signe sera un baiser.

 

Dans notre passage, les scribes et les pharisiens dirent à Jésus, ‘Donne-nous un signe que nous pourrons voir et qui confirmera ce que tu prétends être.’ Et Jésus leur répondit, ‘À cette génération mauvaise et adultère, je ne donnerai pas de signe sauf celui du prophète Jonas.’

 

Cette génération

 

Lorsque Jésus parle d’une ‘génération adultère,’ de quelle génération est-il question? Le mot ‘génération’ est le deuxième mot que nous devons considérer. S’agit-il de la génération constituée par l’ensemble des juifs de son époque? Si tel était le cas, est-ce que cela signifie que seuls ceux qui ont vécu au temps de Jésus verront le signe de Jonas et que les générations futures n’auront pas ce privilège?

 

Le terme ‘génération’ employée ici par Jésus, il faut bien le préciser, n’a pas tout à fait la même signification que celle retrouvée dans le langage courant. En français, on l’utilise généralement pour parler d’un ensemble d’individus ayant à peu près le même âge et vivant à la même époque. Dans le contexte biblique, ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’il apparaît dans le NT, c’est souvent pour faire référence à une classe d’individus qui, dans ce monde, s’opposent aux enfants de la lumière. Et Jésus reproche à cette classe d’individus d’être mauvaise et adultère. Vous voyez que cette définition ne tient pas compte de l’aspect temporel. Le même concept se retrouve dans l’AT. Par exemple, il est question en Psaume 14.5 de la ‘génération des justes.’ Cette ‘génération’ est constituée d’une classe d’individus au caractère juste.

 

Cette explication nous permet de déduire qu’en utilisant le mot ‘génération,’ Jésus ne visait pas les juifs seulement. Sa déclaration s’appliquait plutôt à toute une classe d’individus enclins à faire le mal. Ainsi le signe de Jonas ne sera pas accordé uniquement à ceux qui se tenaient devant Jésus et à leurs contemporains. Le signe de Jonas sera donné à tous les pécheurs qui vivent dans l’ère actuelle, dans le siècle présent (Matthieu 12.32).

 

Le signe de la résurrection

 

Il est écrit ici que c’est le prophète Jonas lui-même, et non pas un événement, qui se présente comme un signe. Il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas le prophète. Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (Matthieu 12.39-40). La comparaison se fait donc entre Jonas et le Fils de l’homme, et comme nous le verrons plus loin, entre les Ninivites et cette génération. Jonas était un signe pour les habitants de Ninive de la même façon que le Fils de l’homme est un signe pour nous dans le siècle présent. On peut alors se poser cette question : comment Jésus, le Fils de l’homme, constitue-t-il un signe pour nous? Nous avons mentionné au début de cette leçon qu’un signe ne sert pas uniquement qu’à porter un message. Il doit également être visible à tous. Mais alors, comment Jésus peut-il être un signe pour nous quand il n’est pas visible à nos yeux aujourd’hui? Nous reviendrons à cette question dans un moment.

 

Remarquez aussi les mots, ‘Trois jours et trois nuits.’ Voilà une expression qui nous fait tout de suite penser à la mort et la résurrection du Christ. Jésus est resté dans sa tombe pendant trois jours et trois nuits, puis en est ressuscité. La résurrection serait-elle alors le signe que Jésus a promis de donner? Cette interprétation comporte le même problème que nous avons soulevé auparavant. Comment la résurrection peut-elle être un signe pour nous qui n’avons pas eu la possibilité de voir Jésus ressusciter des morts? Si un miracle se produisait sous nos yeux, on pourrait dire que ce miracle est un signe à ceux qui en ont été témoins. Mais qui aujourd’hui peut prétendre avoir vu Jésus après sa crucifixion? Personne! Alors comment la résurrection de Jésus d’entre les morts peut-elle servir de signe pour nous?

 

En outre, si la résurrection d’entre les morts est un signe, on devra convenir que Jésus a déjà donné ce signe. On se souviendra qu’en Jean 11, Jésus ressuscita Lazare devant une foule à Béthanie. À une autre occasion, il ramena à la vie la fille de Jaïrus. Elle était décédée; Jésus lui redonna la vie. De nombreuses personnes ont vu le Seigneur opérer cette guérison miraculeuse, ce signe. À une troisième occasion, il a rendu la vie au fils unique d’une veuve à Naïn. Il est intervenu en arrêtant la procession funéraire et en touchant le cercueil du jeune homme. Encore une fois, une grande foule fut témoin de la résurrection d’un être humain. Ces trois récits montrent bien que les gens avaient déjà eu plusieurs occasions d’observer Jésus exercer son pouvoir sur la mort. Par la résurrection de ces personnes, Jésus se manifestait publiquement comme la résurrection elle-même. Je suis la résurrection et la vie, dit-il en Jean 11.25.

 

Après la résurrection de Jésus, le monde n’a plus rien vu de cela. Cette génération n’a plus revu Jésus. On doit se rappeler que le Seigneur ne parlait pas de ses disciples. Il parlait de cette génération mauvaise, de ceux qui ne croyaient pas en lui. Les disciples ont vu Jésus après sa résurrection, ce qui n’est pas le cas pour cette génération méchante et adultère. Or ce que la génération méchante et adultère ne peut percevoir ne peut pas constituer un signe pour celle-ci. Alors de quelle manière le Seigneur Jésus est-il relié au signe de Jonas?

 

Comparer Jonas avec Jésus

 

Réfléchissons plus spécifiquement sur le signe de Jonas. Nous constatons que le prophète Jonas est mis en comparaison avec Jésus. ‘Comme le prophète Jonas séjourna dans le ventre du poisson, Jésus sera dans le sein de la terre.’ Au premier abord, cette comparaison entre Jonas et Jésus nous rend quelque peu perplexe. Pourquoi choisir Jonas? C’est comme si on comparait le noir avec le blanc. D’instinct, on aurait voulu un autre prophète que Jonas, un ‘meilleur’ prophète.

 

Nous connaissons bien l’histoire de Jonas. Il est ce prophète de l’AT que Dieu envoya pour prêcher aux habitants de Ninive. Refusant d’écouter Dieu, il fit de nombreux efforts pour se soustraire à cette mission. Parmi ses aventures, il s’est retrouvé dans le ventre d’un grand poisson, puis est rejeté vivant sur la côte. À la suite de ce miracle, il se rend finalement à Ninive. La ville se repentit en écoutant sa prédication. Mais il montra bien peu de compassion pour les Ninivites. Au lieu de se réjouir, cette repentance l’a plutôt mis en colère. Il savait que Dieu allait maintenant épargner Ninive et cela ne lui plaisait guère. Dans son esprit, il n’était pas question de se montrer compatissant envers un peuple païen.

 

Peut-on vraiment faire un rapprochement entre Jonas et Jésus? Sur quelle base Jonas peut-il servir de signe? Et dans le cas de Jésus, de quelle façon deviendra-t-il un signe?

 

Commençons par mettre côte à côte deux passages parallèles, l’un en Matthieu 12.40 et l’autre en Luc 11.30. Ces deux versets présentent Jonas comme un personnage qui a servi de signe pour des non-israélites.

 

Matthieu 12.40. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

 

Luc 11.30. Car, de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l’homme en sera un pour cette génération.

 

Jonas devint un signe par son expérience de trois jour et trois nuits dans le ventre du poisson. Remarquez que Jonas n’est devenu un signe pour les Ninivites que seulement après son séjour de trois jours et trois nuits à l’intérieur du grand poisson. Et il est devenu un signe pour les Ninivites non seulement après cet incident, mais à cause de cet incident. De la même façon, Jésus deviendra un signe pour cette génération, pour vous et moi, en vertu de sa mort et de sa résurrection. Et de même que Jonas est devenu un signe après l’événement miraculeux du poisson, de même Jésus sera un signe pour nous après le miracle de sa résurrection.

 

Ceux qui ont l’esprit observateur s’opposeront peut-être à ce dernier point. Le problème se traduit de la manière suivante. Comment Jésus peut-il être un signe après la résurrection? Car dans les événements qui ont suivi sa résurrection, cette génération ne l’a plus revu. Au moins, avant sa crucifixion, tous pouvaient l’apercevoir. Il y avait une partie du ministère de Jésus qui était publique. Mais après sa résurrection, ses apparitions furent très limitées. Les pharisiens et les scribes ne l’ont plus jamais revu. Jésus avait d’ailleurs prévenu ses disciples. ‘Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez (Jean 14.19).’ Jésus allait être mis à mort le lendemain. Par la suite, il ne se montrera plus aux incrédules de ce monde. Si on ne peut plus le voir, comment peut-il alors être un signe pour cette génération incrédule?

 

Le Fils de l’homme

 

Cette objection est très pertinente et nous tenterons d’y répondre. Pour débuter, il faut bien saisir ce que Jésus voulait dire en utilisant l’expression ‘Fils de l’homme.’ Ce n’était pas un choix aléatoire. Remarquez ceci. Jésus n’a pas dit, ‘Je serai un signe.’ Il a plutôt dit, ‘Le Fils de l’homme sera un signe.’ Cette expression provient à l’origine d’une vision prophétique décrite dans le livre de Daniel et dans laquelle le prophète Daniel a pu voir ‘venir sur les nuées des cieux quelqu’un de semblable à un fils de l’homme. Celui-ci avança jusqu’à l’Ancien des jours et on lui donna la domination, la gloire et le règne (Daniel 7.13-14).’ Si vous faites une lecture attentive du livre de Daniel, vous allez vous rendre compte que ce titre, ‘fils de l’homme,’ se rapporte parfois à un seul individu et parfois à plusieurs personnes en même temps. C’est à ce niveau que se situe le mystère, un mystère qui trouve son équivalent dans l’enseignement de Jésus concernant le plant de vigne.

 

En Jean 15, Jésus se présente à ses disciples sous l’image d’une vigne. Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron (Jean 15.1). Est-ce que cette vigne représente une personne ou plusieurs personnes? La vigne symbolise pour sûr une personne, Jésus. Mais on peut dire qu’elle se rapporte aussi à plusieurs personnes, i.e., à tous ceux qui forment l’église. Jésus est la vraie vigne, mais nous sommes aussi cette vigne puisque le Seigneur nous assimile aux rameaux de cette même vigne. Je suis le cep, vous êtes les sarments, dit-il en Jean 15.5. Donc la vigne désigne à la fois une personne et plusieurs personnes. Elle désigne Jésus et tous les croyants ayant une relation organique avec lui. De façon similaire, le Fils de l’homme est à la fois une personne et plusieurs personnes liées par une union spirituelle avec le Christ. Dans ce dernier cas, on fait évidemment allusion à l’église du Christ.

 

L’apôtre Paul exprime la même idée quand il déclare que la présence de Jésus est encore perceptible aujourd’hui dans notre monde. Comment sa présence se manifeste-t-elle aujourd’hui dans le monde? Par son corps. Or nous sommes les membres de ce corps. L’assemblée des chrétiens forme un corps en Christ (Romains 12.5). La lumineuse vérité de la présence de Jésus-Christ chez le croyant apparaît plusieurs fois dans les écrits de Paul dans l’expression ‘Christ en vous’ (Romains 8.10; Galates 2.20; Colossiens 1.27). Cette notion touche à la vie de l’église. ‘Christ vit en vous.’ Christ habite en chacun de ses disciples. L’assemblé des croyants, l’église, constitue la manifestation de Christ dans le monde aujourd’hui. Paul écrit en Éphésiens 2.22, En qui (i.e. en Christ), vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit. Dieu demeure dans le cœur des chrétiens qui, ensemble, constituent l’église, le corps de Christ. Le Seigneur Jésus en est la tête. Nous sommes son corps. Après tout, si je vois votre corps, je peux dire que je vous vois. Même si je n’aperçois que votre main, je peux quand même affirmer que je vous vois. Ainsi, le monde peut voir Jésus (ou devrait voir Jésus) en regardant son église, ses disciples.

 

La signification du signe de Jonas commence maintenant à se dégager. Le message est extraordinaire. Jésus nous dit, ‘Je vais vous donner un signe. Et ce signe sera une manifestation de la puissance de la résurrection.’ Cette puissance divine n’a pas été mise en œuvre seulement que pour ramener Jésus d’entre les morts il y a 2000 ans. La puissance de la résurrection est toujours une réalité aujourd’hui. Nous pouvons en faire l’expérience sur une base quotidienne puisqu’elle est à la disposition du croyant pour le fortifier. Cette puissance anime la vie de tout disciple dans sa marche avec Dieu. Elle s’est accomplit lors de sa conversion et elle continue à s’accomplir au fur et à mesure que le nouvel homme est modelé à l’image du Christ. Ainsi Paul écrit en Philippiens 3, ‘Ce que je désire le plus, c’est de connaître le Christ et d’expérimenter la puissance de sa résurrection.’ Cela ne veut pas dire que Paul n’a pas encore eu l’opportunité de faire l’expérience de la puissance qui a ressuscité Jésus. Bien sûr qu’il connaît Christ et la puissance de sa résurrection. Paul nous exprime ce souhait : ‘Je veux avoir part à la vie et à la puissance de Christ, et atteindre une connaissance si intime du Seigneur que ma vie devient une reproduction de sa vie.’

 

Le signe d’une vie transformée

 

C’est au moment de notre conversion que nous commençons à faire l’expérience de la puissance qui ressuscita Jésus d’entre les morts. Nous étions spirituellement morts. Par la foi en Christ, nous avons été transportés de la mort à la vie. L’épître aux Colossiens enseigne que nous sommes ‘morts avec Christ aux éléments du monde’ et ‘ressuscités avec lui’ (Colossiens 2.20; 3.1). Étant ressuscités, nous avons reçu une vie nouvelle, une vie dans laquelle la puissance de Dieu ne cesse de nous transformer. Il s’agit d’un changement drastique qui nous fait passer des ténèbres à la lumière. Nous ne vivons plus selon les désirs de la chair. Nous portons notre cœur sur Dieu et son royaume, recherchant la paix et la sanctification. Le monde peut ainsi observer en nous le signe de la puissance de résurrection. La puissance divine qui a ramené Christ d’entre les morts nous ramène aussi de la mort spirituelle dans une vie tout à fait nouvelle.

 

Nous pouvons maintenant comprendre ce que le Seigneur Jésus a promis à cette génération. Le signe de Jonas est le signe de la résurrection. C’est le signe d’une vie transformée par la puissance de la résurrection. On peut voir cette puissance à l’œuvre par l’effet qu’elle produit en nous. Les courants de cette puissance coulent dans notre âme pour nous faire franchir la frontière de la mort et nous faire naître de nouveau. Lorsque Dieu transforme un individu, il l’affranchit de la puissance du péché où réside la mort et lui communique la vie éternelle où habite la justice. Il fait de lui une toute nouvelle créature. Ce changement de nature s’appelle ‘la régénération.’

 

La personne régénérée par le Saint Esprit n’est pas parfaite pour autant. Elle doit croître en maturité. Nous voyons ainsi la pertinence d’utiliser Jonas en établissant cette comparaison. Le signe ne se limitait pas uniquement à la personne du Christ. On ne peut pas comparer Jésus dans sa perfection avec Jonas, un homme pécheur. La comparaison se fait avec la vigne et ses branches, avec Jésus et la nouvelle communauté en Christ. Par conséquent, le signe de Jonas pourra être constaté au sein de l’église. J’aimerais vous faire remarquer que même après sa miraculeuse expérience dans le ventre du poisson, Jonas n’est pas devenu un homme parfait. Certains défauts le suivaient encore. On n’a qu’à donner en exemple sa réaction à la repentance de Ninive. Il en est de même pour le croyant à qui Dieu a communiqué une nouvelle nature. La régénération ne fait pas de lui un homme sans défaut. Nous pouvons maintenant apprécier la beauté du signe de Jonas. Le signe de Jonas est le signe du Fils de l’homme. Et aujourd’hui, ce signe se perpétue dans son église.

 

La résurrection : vivants pour Dieu

 

Il y a un autre point qui mérite d’être souligné. Jonas a été englouti puis vomi par un grand poisson. Cette expérience évoque le symbolisme du baptême. Il est disparu sous l’eau et a été ramené à la vie. Nous avons alors noté un réel changement d’attitude dans le cœur de Jonas. Lorsqu’il était dans le ventre du poisson, Jonas pria Dieu pour lui rendre grâce de sa délivrance. Par la suite, il s’est montré disposé à obéir désormais à l’ordre de se rendre à Ninive. Lorsque nous sommes baptisés, tout comme Jonas, nous sommes immergés dans l’eau pour en ressortir animés d’une vie nouvelle. Et comme dans le cas de Jonas, ce n’est pas l’acte matériel qui a produit la différence. La cérémonie du baptême ne fait pas d’une personne un chrétien. Le baptême n’est que le symbole d’une transformation spirituelle qui s’est déjà produite à l’intérieur de cette personne par la puissance de la résurrection. Nous sommes morts au péché, aux convoitises de ce monde, et ressuscités à une nouvelle vie pour Dieu. Pris dans le ventre du poisson, Jonas était comme un mort à l’égard du monde. Le monde le tenait pour mort puisqu’il a été enseveli au fond de l’eau. Mais Dieu l’a rendu à la vie. Il le fait sortir du poisson et lui adresse une seconde vocation. Cette fois-ci, Jonas obéit à Dieu. Il se rend à Ninive où il devient un signe pour les habitants de cette ville.

 

La foi chrétienne entraîne ipso facto une conversion spirituelle dans laquelle nous sommes morts au péché et au monde, mais vivants à Dieu. N’est-ce pas d’ailleurs ce qu’on appelle une résurrection? Paul écrit en Colossiens 2.12, Ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts. Et puisque nous faisons partie de la vigne, notre résurrection devient un signe pour cette génération. À partir du moment où nous débutons notre marche avec Dieu, nous constituons le signe que le monde peut voir. C’est de cette façon que le monde vient à connaître Jésus. Les gens peuvent apprécier la vie nouvelle en Christ en observant la vie de ses disciples. Voilà le point central de l’enseignement de Jésus dans notre passage. Vous et moi, l’assemblée des croyants, nous sommes le signe de Jonas pour cette génération mauvaise et adultère.

 

Pour ceux qui ne sont pas chrétiens, j’aimerais vous encourager non seulement à regarder le signe de Jonas, mais surtout à faire l’expérience de la puissance de la résurrection dans votre propre vie. Peut-être êtes-vous en train de fuir la présence de Dieu. Mais la joie de la vie chrétienne peut jaillir de votre cœur si, comme Jonas, vous devenez un signe pour cette génération. Jonas a été englouti par la puissance de la mort. S’il ne s’était pas tourné vers Dieu par la prière, il aurait probablement péri. Mais Dieu s’est montré miséricordieux. Il le délivra du poisson afin qu’il puisse devenir un signe pour la cité débauchée de Ninive. Et il est devenu ce signe précisément parce qu’il a fait l’expérience du pouvoir divin de la résurrection.

 

Cette histoire est-elle vraie? Et bien, vous pouvez en vérifier l’authenticité en expérimentant par vous-mêmes le miracle de Jonas. Voyez-vous, le livre de Jonas n’est pas qu’un simple récit racontant les aventures de Jonas. Il enseigne que nous pouvons tous vivre l’expérience miraculeuse de Jonas. Dieu nous invite à le connaître et à faire l’expérience de sa puissance. Le Dieu qui a sauvé Jonas du poisson peut aussi vous sauver. Sa puissance est toujours à l’œuvre aujourd’hui. Cette puissance, qui a ramené Christ d’entre les morts, ramène les pécheurs repentants de la mort spirituelle dans une nouvelle vie. En marchant en nouveauté de vie, le chrétien régénéré est le signe qui démontre que cette puissance est bien réelle.

 

Yves I-Bing Cheng, M.D., M.A.

www.entretienschretiens.com

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Posted by: voixdescherubins on