Joyeux Noël?

love-white-doveSi on est de la génération du s’il-vous-plaît, du bonjour, du merci et du respect des personnes âgées, si on fait partie de cette génération qui demande la permission quand il le faut, qui salue avec un sourire sincère, qui aime les gens pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils ont, on sait aussi combien il est de tradition de souhaiter bonne nuit avant d’aller se coucher, heureuse année au premier jour de l’an et « Joyeux Noël » les 24 et 25 décembre. Noël, dit-on, c’est la fête des enfants, et des adultes ; la fête des riches et des pauvres. Noël, c’est la fête des gens qui savent lire et écrire tout comme c’est la fête de celles et de ceux qui n’ont jamais eu la chance de fréquenter les bancs d’école.
On dit aussi que noël, c’est la fête de l’amour, du partage et du pardon. Nous, nous dirons purement et simplement que noël c’est la fête de la démagogie, de l’ironie, de l’hypocrisie, du business et du show biz. Il est solennel de se tenir derrière des caméras de télévision ou des micros de radio vêtu de robes et de costumes de prix exorbitants pour faire le bilan médiocre de l’année qui vient de s’écouler et pour adresser des messages de noël et de fin d’année à la population qui continue d’être traitée en filles et fils de parents pauvres. Les 24 et 31 décembre, tandis que les gens faisant fortune dans le trésor public bloquent la circulation avec leur cortège prenant la direction des plus grands chaines de magasins de la capitale et des principales villes des province pour aller acheter des jouets dont leurs enfants n’ont pas même besoin et des cadeaux pour leurs petites amies, les mères d’enfants sont dans les marchés ruraux et communaux vendant les produits de leurs terres arides. Ces vaillantes femmes, sous un soleil brûlant et parfois des pluies torrentielles restent aux marchés jusqu’à 11 h du soir après avoir quitté leurs maisons des fois avant même l’aube du jour afin de trouver un meilleur emplacement pour vendre ce qu’elles apportent. Arrivées à la maison, après plus qu’une journée de labeur et de fatigue, elles doivent trouver de la force pour faire rire et sourire leurs enfants et leur mari. Noël, la fête de la joie, du cadeau, du pardon et de l’amour est-il vraiment pour ces gens-là ? J’en doute fort !
Chers compatriotes, je suis encore de la génération du s’il-vous-plaît, du bonjour, du merci et du respect des personnes âgées ; je fais encore partie de cette génération qui demande la permission quand il le faut, qui salue avec un sourire sincère, qui aime les gens pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils ont même lorsque je ne souhaiterai pas Joyeux Noël cette année. Mon souhait est que l’année prochaine soit bien meilleure pour mes pauvres sœurs et frères qui sont toujours jetés dans les oubliettes.

Votre serviteur, Rulio Oscar.

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