Les mises en garde inhabituelles aux candidats des religieux

La tournure qu’a prise la campagne pour l’élection présidentielle a poussé un nombre inhabituellement élevé de responsables religieux à interpeller directement les candidats. Ce sont les protestants qui expriment les craintes les plus vives sur le contenu comme sur l’issue du scrutin. « Il est possible qu’une catastrophe soit en train de se nouer autour de la double tentation de l’abstention et du discours nationaliste et xénophobe de l’extrême droite », prévient ainsi le pasteur Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France, dans un communiqué diffusé jeudi 30 mars.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), organisme de représentation de l’islam auprès des pouvoirs publics, a lui aussi adressé une « lettre » aux candidats à la présidentielle, le 22 mars, pour énoncer des valeurs mais aussi « les appréhensions des musulmans ». Ils appellent les candidats « à éviter de stigmatiser les musulmans de France, leurs rites ou leurs pratiques ». « Certaines théories sur le rôle supposé de l’islam dans la désagrégation de la République font des citoyens de confession musulmane des boucs émissaires », accuse le CFCM.

Avec un texte nourri sur le lien social, publié en octobre 2016, l’Eglise catholique avait pris les devants. Mais la victoire de François Fillon, soutenu par une frange militante issue des mobilisations contre le mariage pour tous, puis ses déboires judiciaires ont plongé beaucoup d’entre eux, ainsi que leur hiérarchie, dans le désarroi. Certains ont été ulcérés que les catholiques aient pu être présentés en bloc comme des soutiens de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy. Aussi, emmenés notamment par Anne Soupa, cofondatrice du Comité de la jupe et de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones, viennent-ils de décider d’appeler à voter pour Emmanuel Macron.

 

Source, lemonde.fr

Avant Pâques, le pape François demande pardon pour la « honte » d’une humanité devenue insensible

Le pape François, qui présidait le traditionnel service du Chemin de croix, a dénoncé l’indifférence dans laquelle est versé le sang innocent de femmes, d’enfants, de migrants.

Le pape François a demandé pardon à Dieu dans une prière prononcée vendredi 14 avril devant le Colisée de Rome pour les scandales qui secouent l’Eglise catholique et pour la « honte » d’une humanité devenue insensible aux morts annoncées chaque jour.

« Honte pour toutes les images de dévastation, de destruction et de naufrage qui sont devenues ordinaires dans notre vie », a-t-il dit à l’occasion du Vendredi saint. « Honte pour le sang innocent, versé quotidiennement, de femmes, d’enfants, de migrants, et de personnes persécutées pour la couleur de leur peau ou encore pour leur appartenance sociale et ethnique et pour leur foi en toi », a-t-il ajouté, dans une allusion aux martyrs chrétiens.

La semaine sainte, temps fort du calendrier chrétien qui commémore les derniers jours de Jésus-Christ, a commencé dimanche dernier et a été ensanglantée par des attentats revendiqués par l’organisation Etat islamique (EI) contre deux églises coptes, qui ont fait quarante-cinq morts en Egypte. L’Eglise copte égyptienne a décidé de limiter les célébrations de Pâques aux messes et a demandé un renforcement de la sécurité de ses églises.

François a aussi demandé pardon en évoquant la « honte pour toutes les fois où nous, évêques, prêtres, frères et religieuses, avons offensé et blessé ton corps, l’Eglise », en référence aux affaires d’agressions sexuelles au sein de l’Eglise catholique.

Selon la tradition chrétienne, le parcours de la Via Crucis fait revivre le calvaire de Jésus-Christ depuis sa condamnation à mort jusqu’à sa crucifixion, sa mort et sa mise au tombeau. Un couple égyptien et ses trois fillettes ont porté la croix lors de l’une des quatorze traditionnelles stations du parcours. La croix a aussi été confiée à des fidèles de deux autres pays où le pape compte se rendre, le Portugal (en mai) et la Colombie (en septembre).

Deux Chinois l’ont également tenue, alors que le Saint-Siège œuvre à un difficile rapprochement avec leur pays. Pour la première fois sous le pontificat du pape François, une femme laïque, la bibliste et professeure de lettres française Anne-Marie Pelletier, a écrit le long texte des méditations du Chemin de croix qui a été lu durant le parcours.

Le pape a formé l’espoir que « la bonne volonté triomphe malgré son apparente défaite ».
François dira la messe samedi pour la veillée pascale à la basilique Saint-Pierre de Rome et dimanche, pour Pâques, jour le plus important du calendrier liturgique chrétien, il lira son message Urbi et Orbi (« A la ville et au monde ») sur la place Saint-Pierre.