Portrait social des familles monoparentales

Le nombre de familles monoparentales a doublé durant ces vingt dernières années, de 950 000 en 1990 à 1,8 million en 2013. Qui sont ces familles ? Quelle est leur situation au regard de la pauvreté, de l’emploi ou encore du logement ? Leur portrait social, par Valérie Schneider.

La part des familles monoparentales dans l’ensemble des familles avec des enfants de moins de 18 ans est passée de 12,4 % en 1990 à 22,2 % en 2013, selon l’Insee. Des revenus au logement, en passant par le travail, ces familles composées d’un seul adulte ont des conditions de vie bien moins favorables que la moyenne.

Le niveau médian mensuel des familles monoparentales (1 184 euros en 2014 pour un équivalent adulte) est inférieur de 30 % à celui des couples avec enfants (1 712 euros, toujours pour un équivalent adulte). Les familles composées d’un seul adulte représentent près d’un quart de la population pauvre. Parmi les 5,7 millions de personnes qui vivent dans une famille monoparentale, plus du tiers sont considérées comme pauvres. Cette situation s’explique d’abord par le fait que ces familles n’ont comme ressources que les revenus d’une seule personne, le plus souvent suite à une séparation. Ce n’est pas la seule raison. Dans près de neuf cas sur dix, cette personne est une femme. Et ces femmes sont en moyenne bien plus souvent inactives et, sinon, moins bien rémunérées, et davantage en temps partiel, que les hommes.

Les femmes paient leur séparation au prix fort : « La perte de niveau de vie directement imputable à la rupture est de l’ordre de 20 % pour les femmes et de 3 % pour les hommes », indique une étude de l’Insee. Pour celles d’entre elles qui n’exercent pas d’activité professionnelle (18 % selon les données 2012 de l’Insee), les écarts sont encore plus marqués. Le niveau de vie médian mensuel des femmes seules inactives est de 979 euros en 2013, près de 1,5 fois moins que celui des mères seules actives (1 324 euros). Malgré les transferts sociaux qui limitent la précarité des mères seules inactives, plus des deux tiers sont touchées par la pauvreté (au seuil à 60 % du revenu médian) en 2014, contre 30 % des mères actives à la tête d’une famille monoparentale. Sans le système de protection sociale français, un grand nombre de ces femmes avec enfants vivraient dans des conditions misérables.

Les mères seules sont plus souvent au chômage ou en emploi précaire

Ces faibles revenus sont aussi liés au manque d’emploi. En 2014, 15 % des mères seules étaient au chômage, près de deux fois plus que l’ensemble des femmes. Ce taux atteint 33 % pour celles qui élèvent deux enfants ou plus, dont l’un a moins de trois ans. Le fait de devoir gérer seule les activités domestiques et les enfants complique l’intégration dans le monde du travail, tant il est parfois difficile, notamment, d’organiser et de financer la garde des enfants.

Les conditions d’emploi des mères qui travaillent sont aussi plus souvent précaires : en 2012, 15 % étaient en contrat à durée déterminée, en intérim ou en emploi aidé, contre 9 % des mères en couple. Les mères isolées travaillent plus souvent en temps partiel subi (42 %), deux fois plus que les femmes en couple. Enfin, les femmes seules sont davantage représentées dans les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées. Un peu plus de la moitié (52 %) sont employées contre 42 % des mères en couple, et 9 % sont ouvrières, un taux à peu près similaire à celui des femmes en couple (7 %).

Des logements de moins bonne qualité

Les familles monoparentales vivent dans des logements qu’elles jugent plus souvent de moins bonne qualité que les autres types de familles : plus de 60 % sont dans ce cas, contre 49 % des couples. Les familles monoparentales avec enfants vivent en moyenne dans des logements plus petits : un cinquième connait un surpeuplement modéré mais 35 % des parents seuls avec trois enfants ou plus en souffrent. Les prix de l’immobilier et les montants des loyers élevés, notamment dans les grandes villes, ne facilitent pas l’accès des parents seuls aux revenus faibles à un logement conforme à leurs aspirations. Pourtant, faute d’emploi, d’accès aux services publics, à des modes de garde pour leurs enfants, les mères isolées sont souvent contraintes de rejoindre les grandes villes. Pour elles, le logement social est souvent l’unique solution : 37 % y vivent contre 15 % des familles composées de deux adultes (données 2013).

Familles monoparentales, de qui parle-t-on ?
Une famille monoparentale comprend un parent isolé et un ou plusieurs enfants célibataires. Le plus souvent, il s’agit d’enfants de moins de 18 ans, mais dans certaines études, on considère les enfants jusqu’à 25 ans. Les femmes représentent 85 % des parents à la tête d’une famille monoparentale. En moyenne, on compte 1,6 enfant par famille monoparentale. 57 % ont un enfant, 31 % deux et 12 % trois ou plus.

 

Source, inégalités.fr

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Posted by: voixdescherubins on